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Le Projet Hydronut

Amélioration du système d’alerte précoce et renforcement de la résilience des populations fragiles face aux crises nutritionnelles et sanitaires liées au changement climatique au Grand Sud de Madagascar

La variabilité climatique a des répercussions sur la nutrition et la santé via les ressources en eau. Un manque d’eau ou une mauvaise gestion de celle-ci peut entraver la disponibilité alimentaire, augmenter le risque de maladies infectieuses et affecter l’état nutritionnel des populations. Dans les zones les plus vulnérables – dites Hot-spots -, les crises climatiques devancent la survenue de crises nutritionnelles, sanitaires et humanitaires.

À Madagascar, de nombreuses régions sont considérées comme des Hot-Spots. L’insécurité alimentaire qui s’étend sur toutes les régions de l’île est essentiellement due aux conditions météorologiques extrêmes.

Il existe plusieurs systèmes d’alerte dans le pays, cependant ceux-ci ne concernent que la situation en sécurité alimentaire. L’application des alertes générées ne semble pas se traduire par une anticipation suffisante de la crise : l’alerte n’est pas réellement précoce.

 

Le projet Hydronut s’implante au Sud de Madagascar et fait l’hypothèse que la variabilité du climat provoque des effets négatifs décalés sur les indicateurs nutritionnels et sanitaires par la diminution des ressources en eau.

 

Hypothèse : Les données de suivi hydro-climatique, agro-pastorales et sanitaires peuvent-elles nous aider à prévoir et prévenir les crises nutritionnelles et sanitaires, dans un contexte humanitaire ?

L’avancement du projet

Le projet débute en 2014 avec la création d’un observatoire hydro-climatique. L’objectif est d’évaluer l’exploitation durable de la ressource en eau, par le biais d’une exploration à l’échelle régionale, puis à l’échelle du village, une campagne de forage et de surveillance hydro-climatique.
L’étude démontre que les résultats géophysiques doivent être utilisés en plus des campagnes de forage pour aider à surveiller la ressource en eau. En effet, pour éviter la surexploitation, des capteurs piézométriques et météorologiques ont été installés. Cet observatoire hydro-climatique unique peut aider les organisations non gouvernementales et les institutions locales à prévenir les futures pénuries d’eau. Il permet aux scientifiques de mieux comprendre comment la variabilité climatique affecte cette région du monde.
Cela a donné lieu à la publication d’un premier papier de recherche en 2018 : « Exploration et gestion durables des ressources en eaux souterraines dans un milieu géologique complexe dans le cadre d’un projet humanitaire (Plateau de Mahafaly, Madagascar) ».

 

La phase de recherche démarre en 2019, une fois un nombre suffisant de données collectées. Elle permet de déterminer les indicateurs les plus pertinents afin de modéliser un système d’alerte précoce capable d’anticiper les crises humanitaires. La situation humanitaire est évaluée en comparant les tendances entre les données mensuelles sur les précipitations et les eaux souterraines (indice piézométrique) issues de l’observatoire hydro-climatique ; l’indice de végétation (production agricole) à partir des données de télédétections et les données sanitaires (enquêtes nutritionnelles et anthropométriques) fournies par le ministère de la santé de Madagascar.

Les résultats préliminaires du projet Hydronut montrent :

  1. Une forte hétérogénéité interannuelle de la recharge des réserves d’eaux souterraines.
  2. Un processus de recharge fortement influencé par le régime des précipitations (piézométrie et pluviométrie extrêmement corrélées). La recharge des eaux souterraines dépend des évènements météorologiques extrêmes (cyclones et tempêtes tropicales).
  3. Mise en évidence d’une relation entre le suivi hydro-climatique et les principaux indicateurs « humanitaires » (admissions dans les centres de santé). La pluie a un fort impact sur la piézométrie et la production végétale, elles-mêmes déterminant les capacités d’accès à l’eau et à la nourriture – et donc la santé – des populations.

L’année dernière, le programme a été en mesure de fournir une analyse statistique robuste qui a mené à la publication d’un document de recherche  « Alerte précoce sur les crises nutritionnelles et sanitaires – Sud de Madagascar ». Celui-ci vise à évaluer les associations d’indicateurs hydro-climatiques avec les indicateurs de nutrition et de santé, en identifiant les impacts retardés sur la malnutrition aiguë. Le projet permet de déterminer la durée de décalage entre les faibles précipitations, ou assèchement des eaux souterraines et les impacts que cela occasionne sur la nutrition et la santé. Les informations récoltées devraient permettre d’anticiper les crises et leur ampleur. Ce travail de recherche est indissociable de la mise en place du système d’alerte précoce.

Quelles sont les tâches à réaliser dans le futur ? (2021-2023)

Entretien du système
Le système exige des mises à niveau des points de surveillance, c’est-à-dire une optimisation de la transmission en temps réel des données collectées, traitées et envoyées par les stations climatiques. La collecte des données hydro-climatiques, fondement du projet, doit être améliorée grâce à un entretien régulier et l’amélioration des stations climatiques. L’entretien coûte 2 500€, son amélioration et sa modernisation entre 5 000€ et 10 000€ par station climatique.
Enfin, la suite du projet nécessite l’achat de matériels afin de rendre les stations automatiques et de créer de nouveaux sites de surveillance.

Coordination des acteurs et des interventions humanitaires : Organisation d’atelier entre les parties prenantes, concertation avec les autres organisations humanitaires.
Etude évaluation des processus et étude économique : La recherche va permettre d’élargir le projet à d’autres régions et faciliter l’utilisation de celui-ci par un gouvernement.
Résultats des analyses : La rédaction et publication d’articles de recherche sur différents résultats du projet sont en cours (Corrélation entre la variabilité climatique et la malnutrition, évaluation du système d’alerte précoce, analyse coût-efficacité).

Conclusion

Les contrecoups d’une mauvaise saison des pluies (2018) sur le niveau des eaux souterraines et la production végétale sont immédiates. Cependant, les conséquences sur la situation humanitaire surviennent 9 mois à 1 an plus tard. Grâce au projet Hydronut et aux résultats scientifiques obtenus, les gouvernements nationaux, les institutions locales et les ONG seront en mesure de tenir compte de ce résultat afin de mieux anticiper et adapter leurs réponses aux crises humanitaires.
Ces résultats sont déjà très prometteurs, mais pas suffisants pour la recherche qui va essayer, au cours des prochaines années, de modéliser avec précision la relation entre les indicateurs de variabilité climatique et ceux de nutrition afin d’être en mesure d’anticiper un choc, de prévoir sa durée et son ampleur.


Année du projet :
2021

Zone d'intervention :

Madagascar, Grand Sud. Districts de Betioky-Atsimo et Amboasary.

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fiche du projet

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